Aviva shake

Louis Picamoles a lancé le Harlem Shake à l’Aviva sta­di­um de Dublin, on attend main­tenant la ver­sion Mar­cous­sis, his­toire de dérid­er l’ambiance…

Et il a fal­lu que Louis Picamoles sec­oue la défense irlandaise à dix mètres de l’en-but, en toute fin de par­tie, pour que la France s’économise l’humiliation de revenir à Saint-Denis affron­ter l’Ecosse, same­di, et s’évite par là-même de remuer sa mau­vaise tam­bouille avec une cuil­lère de bois. Et là, franche­ment, ça aurait sec­oué dans les chau­mières…
Cela dit, ce match vrai­ment nul, 13–13 – ce score n‘est pas porte-bon­heur – ne change pas grand-chose au prob­lème de ce quinze de France sans ligne direc­trice. «Cap au pire», ai-je titré ? Ce fut le cas. Soix­ante-dix min­utes d’indigence absolue. Je me suis posé la ques­tion : depuis quand ai-je suivi pareille bouil­lie ?… C’est telle­ment loin que je ne m’en sou­viens pas.
Ce Dublin shake – c’est la mode – réduit la ren­con­tre à une action à zéro passe devant la ligne, une ini­tia­tive indi­vidu­elle bien­v­enue pour con­tre­bal­ancer un jeu dés­espérant, un coup de béli­er dans le lard irlandais qui n’apporte, au final, qu’une mai­gre, très mai­gre con­so­la­tion, et nous per­met de sourire de ce résul­tat, nul, parce que ça vaut mieux que d’en pleur­er.
Si elle a vrai­ment de la moelle, cette équipe de France, et bien elle se lancerait dans le Harlem Shake. A Mar­cous­sis. Au moins là, elle se dérid­erait. «Nous vivons bien ensem­ble…» assè­nent les Bleus à chaque con­férence de presse. Alors, allez, prou­vez-le… Chiche ? A l’Equipe Du Soir, ven­dre­di dernier, nous l’avons fait. Mal, certes, mais sans nous dégon­fler. Que les Bleus cassent le car­can dans lequel ils sont engoncés. On peut rêver.
Parce que même quand il a joué le bal­lon, tout seul, pour lui-même, un peu à la façon de William Webb Ellis défi­ant les con­ven­tions, Louis Picamoles n’a pas pour autant faire sourire ses parte­naires. Elle ne tran­spire pas la joie de jouer, cette équipe de France, pas d’allant, pas d’élan. Juste une énorme crispa­tion. Le rug­by est un jeu avant d’être un sport. Rien de ludique ne tran­spire chez ces Bleus. Un bon petit Mar­cous­sis Shake ne peut pas leur faire de mal. En tout cas pas plus qu’un match nul. Au point où ils en sont…

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